Pas de mise à l’abri

Pas de mise à l’abri

Expulsion de la communauté Rrom du quartier de Trinquetaille, Arles (France)

La communauté Rrom de Trinquetaille (Arles, France) a été expulsée quatre jours avant la trêve hivernale (27 octobre 2015). Sur les vingts familles, trois ont été relogées. Les autres se sont vues proposer trois nuits d’hôtel à Plan de Campagne (Marseille). Plusieurs familles ont décidé de ne pas aller à l’hôtel et ont trouvé des solutions de secours (hébergement chez des amis ou des bénévoles, squat sous un pont d’autoroute). Des enfants ont dû passer la nuit dans la rue.

Dans le squat, les autorités ont muré les accès et détruit les biens (caravanes, mobilier, …) afin d’empêcher tout retour sur place.

Il faut imaginer que les Rroms recommencent à zéro à chaque expulsion. Cela laisse peu de temps aux personnes pour mettre en place des solutions durables, notamment lorsqu’il s’agit de trouver un travail ou suivre une formation. Les enfants suivent une scolarité chaotique puisque cela les oblige à changer régulièrement d’école, parfois, comme ici, en plein milieu de l’année scolaire. Autant de freins à l’intégration. Souvent, le seul fait d’être Rom ne permet pas de trouver du travail, clé d’entrée pour le logement. La méfiance est de mise. Même en milieu agricole où les Rroms sont appréciés pour le ramassage des fruits on préfèrera embaucher n’importe qu’elle autre origine.
Le scénario est le même partout en France : 11000 expulsions de Rroms ont été recensées en 2015. A chaque expulsion, les problèmes sont déplacés et aggravés, mais en aucun cas résolus.